A I'image de la Côte d'Ivoire qui en 1960 faisait ses premiers pas en tant qu'État en possession de sa pleine souveraineté, le football ivoirien mettait en place la même année, sa véritable organisation. (Il s'agissait entre autres d'identifier tous les (acteurs potentiels, d'asseoir l'autorité de I l'instance fédérale et d'organiser des compétitions à l'échelle nationale. Les premiers dirigeants fédéraux se recrutaient alors parmi les personnalités politiques sensibles au fait sportif."
Les pionniers
Homme politique, dirigeant sportif (Stade d'Abidjan), M. Germain Coffi Gadeau, ancien ministre, ancien Grand chancelier de l'Ordre National, est le premier président de l'instance fédérale (1960-1963). L'actuel Grand Médiateur, M. Ekra Mathieu, à l'époque homme politique engagé très tôt aux côtés du premier président de la Côte d'Ivoire, Félix Houphouët-Boigny, lui succède pour deux ans (1963-1965).
Si l'on prend comme repère l'année 1960, ces deux personnalités méritent d'être élevées au rang de pionniers. D'autant plus qu'elles jouissaient d'une forte autorité dans le milieu.
A partir de 1965, s'ouvre une période de quinze ans marquée par l'arrivée des hauts cadres de l'administration qui se succèdent à la tête de la Fédération avec des fortunes diverses.
ONZE PRESIDENTS EN 42 ANS
1- Coffi Gadeau (1960-1963)
2- Mathieu Ekra (1963-1965)
3- Ibrahim Coulibaly
4- Hubert Varlet (1972-1973)
5- Camille Oguié (1973-1974) nommé
6- Amani Goly (1974-1980)
7- Jean Brizoua-Bi (1980-1988)
8- Emmanuel Ezan (1988-1990) nommé
9- René Diby (1990)
10- Dieng Ousseynou (1990-2002)
11- Jacques Anoma (2002) Intérimaire
Ibrahim Koulibaly, sept ans (1965-1972) et Amani Golly, six ans ( 1974-1980). Hormis ces deux cas, deux autres personnalités accédèrent à la fonction de président de la Fédération mais chacune pour une courte durée d'un an.
Des fortunes diverses
Ce sont MM Hubert Varlet (1972-1973) et Camille Oguié, actuel président de la Commission nationale électorale indépendante, nommé premier responsable du football par le gouvernement en 1973-1974. De 1980 à nos jours, la prise en main de la Fédération par les hauts cadres, qu'ils soient du secteur public ou du privé, se confirme.
Succédant à M. Amani Goly, administrateur des impôts, Jean Brizoua-Bi, magistrat, est élu triomphalement en 1980. Il passe huit ans à la tête de la Fédération avant d'être démis.
Une coupe d'Afrique en 1992
Ancienne gloire et administrateur civil, M. Ezan Emmanuel est nommé en 1988. Dans l'histoire du football ivoirien, un président venait ainsi d'être désigné pour la deuxième fois, non pas par le milieu sportif mais par une décision du ministre des Sports. L'expérience dure deux ans.
En 1990, le pharmacien Diby René est élu. Mais aussitôt promu ministre des Sports il est contraint de démissionner.
Avec douze ans de présidence continue à la FIF, M. Dieng Ousseynou détient incontestablement la palme de la longévité à la tête de la Fédération. Il est également le seul dont le palmarès affiche une coupe d'Afrique des nations, remportée en 1992 au Sénégal. Mais les contre-performances successives des Éléphants lors des phases finales de la GAN en 2000 et 2002 ont fini par avoir raison de lui. Sous la pression des clubs, il est amené à démissionner en février 2002, cédant son fauteuil à M. Jacques Anouma pour une période intérimaire de dix mois.